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Une femme nommèe Rachid
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de Fatna El Bouih
Echantillon de lecture (page 16)
J'ai du mal à croire que je suis devant un " responsable ", un " chef "… homme de pouvoir, important. Mon Dieu, à qui confie-t-on le pouvoir dans ce pays ! On me donne un numéro et un nom : " Maintenant tu t'appelleras Rachid… Ne bouge pas, ne parle pas, sauf si tu entends ton nom. Rachid. " C'est le début de la dépersonnalisation : enlèvement, séquestration arbitraire, et maintenant la négation de ma féminité. Pour eux, je ne suis plus qu'un homme qu'ils appellent Rachid. Je m'assieds sur une couverture, dépouillée de tout ce que j'avais. Plutôt, on m'ordonne de m'asseoir, car tout se fait sur ordre. Le silence tombe. J'étends la main pour palper, privée de la dimension visuelle. Je promène la main autour de moi, et voilà un morceau de pain qui " se dirige vers mois " : j'ai une bouffée de chaleur, n'ayant pas mangé depuis deux jours… mais un cri retentit, dont je ne peux déterminer la direction, pas encore familiarisée avec endroit : " Pose ce pain ! " Je sursaute, le sang glacé dans mes veines : je suis sous surveillance, dans un espace étriqué… Le gardien non plus n'est pas habitué à mon nouveau nom, il m'a rembarrée au féminin. Des pas s'approchent, on me vocifère sous le nez : " Assise à ta place ! Si tu veux quelque chose, demande-le à un de ces Hâjs. " Mon dieu, où suis-je ? Comment ? Quand ces individus ont-ils fait le hajj ? Qui sont-ils ?
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