(...) "À quoi rêvent les jeunes?" C'est la question que me
chuchota Abbas, un artisan potier du centre artisanal de
l'Oulja à Salé, en regardant de biais son fils Saïd âgé de 20
ans que j'ai connu enfant. Saïd qui a échoué au bac a
laissé tomber les études pour rejoindre l'atelier de son
père. C'était le lendemain des attentats-suicide qui ont
secoué Casablanca le mardi 10 Avril 2007 où :" quatre
kamikazes, traqués par les services de sécurité, ont
semé la terreur et la mort dans le quartier populaire
mais paisible d'el Farah (joie, en arabe), situé dans la
préfecture de derb Soltane-El Fida. Cinq morts dont
quatre terroristes et vingt et un blessés dont six
graves. " Mais j'ai paniqué pour de bon lorsque Saïd me
confia dès que son père s'occupa d'un autre client, que
celui-ci n'arrêtait pas de le surveiller et de fouiller sa
sacoche depuis qu'il a vu les Kamikazes sur l'écran de sa
télévision:"Ustada (Professeur), il n'a plus confiance
en moi. C'est affreux!" J'ai paniqué ce jour-là parce
que comme tout le monde, j'ai eu une relation agitée avec
mes parents, mais jamais ceux-ci ne m'ont soupçonnée
d'être une criminelle! Ce soir-là j'ai eu une insomnie rigide
comme je les appelle et j'ai décidé à trois heures du matin
d'arrêter de faire semblant de dormir pour me caler
confortablement et réfléchir sur ce qui me terrorise.
Qu'est ce qui m'empêche de m'assoupir? (...)
de l'introduction par F. Mernissi
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